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Memlinc, un patrimoine pour l’avenir

26-06-2026

Le Memlinc est l’un des projets qui fait le plus parler de lui à Knokke-Heist. Et pour cause : ce bâtiment monumental stimule l’imagination. Mais comment transformer un hôtel datant de 1923 en 17 appartements de luxe et 2 espaces commerciaux ? Et quelle place le patrimoine occupera-t-il dans le Knokke-Heist de demain ? Gregory De Bisscop s’est entretenu avec le promoteur immobilier Francis Geernaert de G-label, ainsi qu’avec Piet et Louis Bailyu du bureau d’architecture Project.

Entrons directement dans le vif du sujet. Pourquoi le chantier a-t-il été temporairement interrompu ?
Piet Bailyu : « Nous collaborons de manière très étroite et constructive avec le service du Patrimoine afin de restaurer la façade dans son état d’origine. C’est un véritable défi, vu les nombreux aménagements et ajoutes qui ont été réalisés au fil des années. »

Francis Geernaert : « À la suite d’un problème de communication entre les différentes parties concernées, les travaux de démolition de la façade ont été temporairement suspendus. Entre-temps, tout a été clarifié, les erreurs ont été corrigées sur le chantier et les travaux ont repris. Nous avions prévu de livrer le projet pour la mi-juin 2028. Nous mettons désormais tout en œuvre pour rattraper le temps perdu. »

 

Qu’est-ce qui rendra la vie à la Résidence Memlinc si unique ?
Francis Geernaert : « L’emplacement constitue évidemment un atout majeur. Les résidents auront la possibilité d’aménager entièrement leur appartement selon leurs propres goûts et envies. Les appartements sont en effet vendus à l’état brut. Il va de soi que les parties communes bénéficieront d’une finition luxueuse. »

Gregory De Bisscop : « Durant la phase de finition, une période de dix mois est prévue afin que les acquéreurs puissent aménager leur appartement. Ces travaux seront bien entendu réalisés en collaboration avec le coordinateur de chantier du maître d’ouvrage, qui veillera au bon déroulement de l’ensemble, ainsi qu’avec les architectes d’intérieur des acquéreurs. Une fois cette période écoulée, les parties communes seront finalisées. »

Louis Bailyu : « L’histoire du bâtiment sera magnifiquement mise en valeur dans les parties communes. Celles-ci seront très larges et spacieuses, et l’authentique salle sous coupole sera préservée. Nous visons ainsi une finition haut de gamme agrémentée d’une touche de nostalgie. »

 

Que représente le fait de travailler sur un bâtiment aussi emblématique ?
Piet Bailyu : « Pour moi, c’est une expérience véritablement enrichissante. Travailler sur un monument classé oblige à envisager les choses autrement. Dès l’élaboration des plans, nous avons bénéficié d’une excellente collaboration avec les services du Patrimoine et de l’Urbanisme. Nous avons constamment recherché un équilibre entre la préservation du patrimoine et l’utilisation de techniques de construction modernes. Chaque étape franchie au cours de ces trois années a constitué une amélioration. »

Louis Bailyu : « Pour restaurer la façade dans son état d’origine, nous nous sommes appuyés sur des plans authentiques et sur des photographies prises lors des travaux de construction initiaux en 1923. Il semblerait que les commerces du rez-de-chaussée n’aient été ajoutés que bien plus tard. À l’époque, l’Hôtel Memlinc disposait d’un élégant jardin à l’avant. Celui-ci sera aujourd’hui recréé. Une grande attention est également accordée à l’authenticité des matériaux et des finitions. »

 

Il s’agit donc d’un véritable défi technique ?
Piet Bailyu : « Absolument, mais c’est précisément ce qui rend ce projet si palpitant. Il n’était par exemple pas possible de conserver le parquet d’origine en raison de son mauvais état. Dans ce type de situation, nous devons rechercher la solution qui se rapproche le plus possible de l’original. Nous démolissons en quelque sorte certains éléments afin de reconstruire l’authenticité du bâtiment et nous réintrégrons les matériaux anciens de manière qualitative. »

Louis Bailyu : « Transformer un hôtel en appartements n’est pas une opération courante. Par exemple, la disposition des fenêtres d’un hôtel est très caractéristique. Aujourd’hui, nous opterions plutôt pour des grandes baies vitrées. Mais c’est précisément là que réside le charme du Memlinc. Autre exemple, les balustrades des quatre appartements avec balcon donnant sur la place Albert garderont une touche de nostalgie. »

 

Une partie du projet sera constituée d’une nouvelle construction ?
Piet Bailyu : « C’est exact. C’est sur cette nouvelle partie que nous avons travaillé le plus longtemps avec le service du Patrimoine afin de parvenir au résultat souhaité. Le pignon situé à droite est en réalité très moderniste, avec beaucoup de verre. Au premier regard, on remarque à peine qu’il s’agit d’une construction neuve. L’ancien et le contemporain s’intègrent parfaitement l’un dans l’autre. »

 

Comment voyez-vous évoluer cette combinaison entre l’ancien et le contemporain à Knokke-Heist ?
Piet Bailyu : « Je trouve positif qu’une grande attention soit accordée à la préservation de l’apparence authentique des bâtiments. Il a autrefois été question de remplacer le Memlinc par un grand immeuble à appartements. Heureusement, cela ne s’est pas fait et nous pouvons aujourd’hui porter un regard moderne sur le patrimoine. »

Gregory De Bisscop : « De nombreuses personnes et de nombreux promoteurs hésitent à intervenir sur des bâtiments classés. La Résidence Memlinc prouve pourtant que c’est tout à fait possible. Une bonne collaboration avec le service du Patrimoine est non seulement indispensable, mais elle apporte également une véritable plus-value au projet et, bien entendu, à l’image de Knokke-Heist. »

 

Quelles sont les perspectives en matière d’architecture à Knokke-Heist ?
Gregory De Bisscop : « J’ai l’impression que nous revenons quelque peu vers des styles et des formes plus classiques et familiers. »

Piet Bailyu : « C’est exact, et je trouve qu’il s’agit d’une évolution positive. Les constructions sont à nouveau un peu moins hautes et une plus grande attention est portée sur l’équilibre entre la parcelle et l’habitation elle-même. Je suis également convaincu qu’il existe une place pour une architecture plus audacieuse. Des bâtiments remarquables peuvent devenir de véritables emblèmes. Il suffit de penser au musée Guggenheim de Bilbao. Il n’est d’ailleurs pas nécessaire de faire appel à de grands noms étrangers pour créer ce type de bâtiment à Knokke-Heist : les talents locaux peuvent eux aussi apporter cette valeur ajoutée. »

Gregory De Bisscop : « Nous constatons également que Knokke-Heist devient de plus en plus un lieu de résidence permanente plutôt qu’une destination réservée aux secondes résidences. Cela s’explique notamment par le fait que la commune est dynamique tout au long de l’année et qu’elle investit, avec ses habitants, dans la qualité. Autrefois, un mauvais été était synonyme de mauvaise année. Aujourd’hui, notre économie dépend moins des mois d’été et il y a toujours quelque chose à faire, quelle que soit la période de l’année. »

 

Comment cette évolution se traduit-elle dans les infrastructures résidentielles et le cadre de vie ?
Piet Bailyu : « Cette évolution fait l’objet d’une réflexion approfondie sur le plan urbanistique. Créer de petites places, proposer des alternatives en cas de mauvais temps… La commune travaille activement sur ces questions. Une semaine de concertation publique consacrée à la zone autour de la gare a récemment été organisée. Durant ce type de semaine, des architectes, des spécialistes urbains, des riverains et d’autres parties prenantes réfléchissent ensemble à l’aménagement d’un quartier. Cela permet de faire émerger des idées nouvelles. La commune autorise également des nouveaux projets sur certains terrains, ce qui permet au marché libre de retrouver une nouvelle dynamique. »

Louis Bailyu : « Knokke-Heist devient une ville à part entière, où il est réellement agréable de vivre. Une réflexion est menée sur les infrastructures sportives, de nombreuses écoles sont rénovées et MAAK constitue également un très bel atout. »

Gregory De Bisscop : « Ces initiatives montrent que Knokke-Heist est ouverte aux nouvelles idées, devant évoluer avec son temps, continuer à innover et à investir. »

 

Pour terminer, une dernière question pour Piet. Quel type de projet aimeriez-vous encore réaliser ?
Piet Bailyu : « Curieusement, mon attention s’est toujours portée sur le Memlinc. La question de savoir s’il serait vendu ou non m’a longtemps préoccupée. Je n’aurais jamais imaginé que nous aurions un jour la chance de travailler sur ce bâtiment emblématique, mais c’est désormais une réalité. C’est fantastique de voir un tel projet évoluer et de pouvoir y travailler avec mes fils. »

Louis Bailyu : « Mon frère Arnaud et moi représentons aujourd’hui la quatrième génération au sein du bureau. Nous considérons comme un véritable privilège le fait de travailler en famille et d’être aussi étroitement ancrés à Knokke. »

Gregory De Bisscop : « Des valeurs auxquelles nous ne pouvons que souscrire en tant qu’agence immobilière familiale. Merci, messieurs, pour cet agréable entretien ! »